Blog · Naturopathie
Ménopause et naturopathie : accompagner cette transition en douceur
Ce qui se joue vraiment dans votre corps, et par quel bout commencer
La ménopause n’est pas une maladie, et pourtant elle bouscule tout : le sommeil, l’humeur, le poids, la mémoire, la confiance en soi. J’ai consacré un livre entier à ce sujet. Voici ce que j’ai appris à en dire : ce qui se passe réellement dans votre corps, l’ordre dans lequel agir — et pourquoi commencer par les hormones sexuelles est souvent une erreur.
Sommaire
- Une transition, pas une maladie
- Ce qui se passe réellement dans le corps
- Le brouillard mental : une bonne nouvelle mal comprise
- L’erreur d’ordre que je vois le plus souvent
- Par où commencer : le sommeil et le stress
- L’assiette : viser la stabilité, pas la restriction
- Le mouvement, la nature et le lien
- Ce que la naturopathie ne fait pas
- Ce que les femmes accompagnées en disent
- Questions fréquentes
« J’ai l’impression de ne plus me reconnaître. » C’est la phrase qui revient le plus souvent quand une femme me parle de sa ménopause. Pas les bouffées de chaleur, pas la prise de poids — cette sensation d’étrangeté à soi-même. J’ai consacré un livre entier à cette période, et s’il y a une chose que je voudrais faire passer ici, c’est celle-ci : ce que vous traversez a une logique, et cette logique se travaille. Encore faut-il commencer par le bon bout.
L’essentiel à retenir
- La ménopause est une transition physiologique normale, qui s’étale souvent sur sept à dix ans — pas un accident de parcours.
- Le brouillard mental correspond à un remodelage du cerveau : il est fréquent et transitoire.
- Erreur d’ordre classique : vouloir agir sur les hormones sexuelles avant d’avoir stabilisé le stress et la glycémie.
- Les leviers les plus efficaces sont souvent les plus simples : sommeil, régularité alimentaire, mouvement, lien social.
- La naturopathie ne traite rien : elle accompagne le terrain, en complément d’un suivi médical.
Une transition, pas une maladie
Commençons par remettre le cadre en place, parce qu’il change la façon dont on vit cette période. La ménopause n’est pas une pathologie. C’est un passage physiologique, au même titre que la puberté : une réorganisation profonde du fonctionnement hormonal, qui s’étend généralement sur plusieurs années — souvent entre sept et dix ans si l’on compte la périménopause.
Cette durée surprend beaucoup de femmes, et je crois qu’elle explique une bonne part du désarroi : on s’attend à un événement, on vit un processus. Or un processus long ne se traverse pas de la même manière qu’un cap à passer. Il demande des ajustements de fond, pas des solutions ponctuelles.
✦ Repère essentiel
Le vocabulaire compte plus qu’on ne le croit. Parler de « symptômes à faire disparaître » installe l’idée d’un corps défaillant. Parler de « manifestations d’une réorganisation » ouvre une autre posture : celle d’accompagner un mouvement plutôt que de lutter contre lui. La nuance change tout en pratique : elle détermine si vous vivez ces années contre vous-même ou avec vous-même.
Ce qui se passe réellement dans le corps
Les œstrogènes et la progestérone diminuent, c’est le fait le plus connu. Mais réduire la ménopause à cette baisse, c’est passer à côté de l’essentiel : ces hormones ne servaient pas qu’à la reproduction. Elles agissaient en chef d’orchestre sur une quantité de fonctions.
- Le sommeil : la progestérone a un effet apaisant ; sa baisse rend l’endormissement et le maintien du sommeil plus fragiles.
- La thermorégulation : d’où les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, qui sont un dérèglement du thermostat interne.
- Le métabolisme du sucre : la sensibilité à l’insuline se modifie, ce qui explique une prise de poids plus abdominale, même sans changement d’alimentation.
- L’humeur : les œstrogènes interagissent avec la sérotonine et la dopamine — d’où l’irritabilité ou la tristesse que beaucoup décrivent sans savoir d’où elles viennent.
- Les tissus : peau, muqueuses, articulations, densité osseuse sont tous concernés.
Comprendre cela soulage souvent, parce que cela relie des manifestations que l’on croyait sans rapport. Non, vous n’avez pas « tout qui lâche en même temps » : vous vivez les effets en cascade d’un même changement de fond.
Le brouillard mental : une bonne nouvelle mal comprise
S’il y a une manifestation qui inquiète plus que toutes les autres, c’est celle-là. Les mots qui manquent, le fil de la pensée qui se perd, la sensation de ralentir. Beaucoup de femmes m’en parlent à voix basse, avec la crainte d’un déclin cognitif précoce.
Ce que les travaux récents sur le cerveau à la ménopause suggèrent est bien plus rassurant : cette période s’accompagne d’un remodelage neuronal. Le cerveau réorganise son fonctionnement, et cette phase de transition s’accompagne fréquemment d’une baisse temporaire de performance ressentie. Autrement dit, le brouillard n’est pas le signe que quelque chose se dégrade : c’est le signe que quelque chose se réorganise.
✦ Ce que j’observe en accompagnement
Les femmes qui traversent le mieux cette phase ne sont pas celles qui « luttent » contre le brouillard, mais celles qui allègent temporairement la charge mentale : moins de tâches menées de front, davantage de choses écrites plutôt que mémorisées, et surtout un sommeil protégé. Le brouillard s’aggrave considérablement avec le manque de sommeil — c’est souvent là qu’il faut agir en premier.
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L’erreur d’ordre que je vois le plus souvent
Voici le point le plus utile de cet article, celui que j’aimerais que vous reteniez si vous ne retenez rien d’autre. Quand une femme vient me voir pour sa ménopause, elle arrive presque toujours avec une question centrée sur les hormones sexuelles : comment relancer les œstrogènes, comment compenser la progestérone.
Or il existe une forme de hiérarchie dans l’équilibre hormonal. Le cortisol — l’hormone du stress — et l’insuline — celle qui gère le sucre — occupent une position en amont. Tant que ces deux-là sont désorganisés, agir sur les hormones sexuelles revient à repeindre une façade dont les fondations bougent.
| Niveau | Ce qui s’y joue | Ce qui le dérègle le plus |
|---|---|---|
| Le lien et la sécurité | Sentiment d’être entourée, soutenue, en sécurité | Isolement, absence de moments de plaisir gratuit |
| Le stress (cortisol) | Capacité à récupérer, sommeil, énergie du matin | Vie surchargée, sommeil court, hyperactivité chronique |
| Le sucre (insuline) | Stabilité de l’énergie, stockage abdominal, fringales | Grignotages, glucides raffinés, repas irréguliers |
| Les hormones sexuelles | Bouffées de chaleur, cycles, libido, tissus | Se travaille utilement une fois les niveaux au-dessus stabilisés |
Cette lecture change complètement l’ordre des priorités. Elle explique aussi pourquoi tant de femmes empilent des compléments sans résultat durable : elles agissent au quatrième étage alors que le problème est au deuxième. Dans ma pratique, je commence donc presque toujours par le stress et le sommeil — même quand la demande initiale portait sur autre chose.
📖 Pour aller plus loin
En finir naturellement avec les effets de la ménopause
Loïc Ternisien · Éditions J’ai lu, 2024
Cet article esquisse ce que je développe en profondeur dans ce livre : la logique de chaque manifestation, les protocoles détaillés, et des repères pratiques pour chaque étape de la transition — de la périménopause à l’après.
Par où commencer : le sommeil et le stress
Le sommeil est le premier chantier, et ce n’est pas un conseil de confort. Comme je le développe dans « Reprends le pouvoir sur ta santé ! », un manque de sommeil augmente la production de cortisol et réduit la sécrétion de sérotonine — deux effets qui aggravent précisément ce que la ménopause rend déjà fragile. Une nuit courte dérègle aussi les hormones de la faim et de la satiété, ce qui pèse directement sur le poids.
Autrement dit : mal dormir amplifie mécaniquement les manifestations de la ménopause. C’est un cercle qu’il faut casser en priorité.
✓ Les leviers qui aident vraiment
- Une chambre nettement fraîche (autour de 18-19 °C) — cela réduit aussi l’inconfort nocturne
- S’exposer à la lumière naturelle le matin, pour caler l’horloge interne
- Réduire la lumière des écrans en soirée, qui freine la mélatonine
- Dîner suffisamment tôt et léger, pour ne pas digérer en dormant
- Des temps de vraie décompression dans la journée, pas seulement le soir
✕ Ce qui entretient le problème
- Compenser la fatigue par davantage de café tout au long de la journée
- L’alcool en soirée, qui fragmente le sommeil profond
- Le sport intense tard le soir, qui relance le cortisol
- Rester dans une vie saturée en se disant que « ça passera »
- Chercher un complément avant d’avoir regardé son sommeil
Sur le versant du stress, j’insiste sur un point que l’on néglige : la relaxation seule ne suffit pas à apaiser durablement ; il faut aussi le lien. Les moments de connexion — une vraie conversation, un contact chaleureux, un temps partagé sans objectif — agissent en amont de tout le reste. C’est aussi pour cela que j’accorde autant de place à la co-régulation du système nerveux dans ma façon de travailler.
L’assiette : viser la stabilité, pas la restriction
Le réflexe le plus courant face à la prise de poids de la ménopause est de manger moins. C’est souvent contre-productif, parce que la question n’est pas tant la quantité que la stabilité de la glycémie. Une alimentation qui provoque des pics et des chutes de sucre entretient les fringales, la fatigue de l’après-midi et le stockage abdominal — exactement ce qu’on cherche à éviter.
- Des protéines à chaque repas : elles soutiennent la masse musculaire, qui tend à diminuer à cette période, et stabilisent l’appétit.
- De bonnes graisses : huile d’olive, avocat, oléagineux, petits poissons — elles ralentissent l’absorption des sucres et soutiennent la production hormonale.
- Beaucoup de végétaux différents : la diversité nourrit le microbiote, qui participe au métabolisme des œstrogènes.
- Des repas structurés plutôt qu’un grignotage continu, qui maintient l’insuline haute toute la journée.
- Moins de sucres raffinés et d’ultra-transformé : c’est le levier le plus rentable, et de loin.
◆ À garder en tête
Vous entendrez beaucoup parler de jeûne intermittent à la ménopause. C’est un outil qui peut avoir sa place, mais qui demande d’être ajusté à votre situation : il ne convient pas à tout le monde, et mal calibré, il peut aggraver le stress et la fatigue. C’est typiquement le genre de sujet que je préfère aborder en accompagnement individuel plutôt que de le recommander en bloc dans un article.
Le mouvement, la nature et le lien
Trois leviers que l’on sous-estime, et qui pèsent pourtant lourd.
| Levier | Pourquoi il compte particulièrement à cette période |
|---|---|
| Le renforcement musculaire | La masse musculaire et la densité osseuse déclinent avec la baisse des œstrogènes. Le travail en résistance est le levier le plus direct pour les préserver. |
| La marche régulière | Elle stabilise la glycémie, améliore le sommeil et abaisse le niveau de stress sans relancer le cortisol comme le fait un effort très intense. |
| Le temps passé dans la nature | Exposition à la lumière naturelle, apaisement du système nerveux, meilleure qualité de sommeil. Un des rapports coût/bénéfice les plus favorables qui soient. |
| Le lien social | Ce n’est pas un supplément d’âme : les relations nourrissantes agissent directement sur la régulation du stress, en amont de tout le reste. |
Si je devais désigner le plus négligé des quatre, ce serait le renforcement musculaire. Beaucoup de femmes augmentent le cardio en pensant contrer la prise de poids, alors que c’est le muscle qui protège le métabolisme sur la durée — et l’os avec lui.
L’approche à 360°
Loïc Ternisien — naturopathe depuis près de 15 ans
La naturopathie n’est qu’un de mes outils. J’accompagne aussi avec le
tambour chamanique, la photomodulation, la respiration ou la méditation — autant de pratiques qui
poursuivent un même but : retrouver un équilibre du système nerveux. Au fil de ma pratique, j’ai observé
que la grande majorité des déséquilibres que j’accompagne prennent racine dans une dérégulation du système nerveux, liée à un traumatisme ou à un
stress chronique. Mon travail consiste à soutenir la co-régulation, interne et externe, de ce système.
Ingénieur-Maître Prévention Santé et créateur de la
Naturopathie Quantique®, j’ai été speaker au congrès international ICNM et j’ai formé plus de
4 000 élèves. Auteur de 10 livres — dont plusieurs
best-sellers en naturopathie, une collection chez J’ai Lu et un titre chez HarperCollins — totalisant plus de
70 000 exemplaires vendus, et suivi par plus de 350 000 abonnés.
Ce que la naturopathie ne fait pas
Il me paraît essentiel d’être précis sur les limites, d’autant que ce sujet attire beaucoup de promesses excessives.
- Je ne pose aucun diagnostic : c’est un acte médical.
- Je ne traite aucune maladie et ne fais disparaître aucun symptôme sur commande.
- Je ne me prononce jamais sur un traitement hormonal — c’est une décision qui appartient à vous et à votre médecin ou votre gynécologue, et à personne d’autre.
- Je n’affirme pas que l’hygiène de vie remplace un suivi médical : elle l’accompagne.
✚ Cadre médical
Un suivi gynécologique régulier reste indispensable à cette période de la vie, notamment pour la surveillance de la densité osseuse et le dépistage. Et si vous traversez une période de tristesse profonde, d’anxiété envahissante ou d’idées noires, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé : ces années comportent une vulnérabilité réelle, et il n’y a aucune raison de la traverser seule.
Ce que les femmes accompagnées en disent
Loïc Ternisien est un praticien qui a une grande ouverture d’esprit et de nombreuses formations. Il est très à l’écoute, intuitif et plein d’humour. C’est un grand plaisir d’être suivi par Loïc.
Sans doute le meilleur naturo, qui a une approche vraiment globale et allie rigueur et sensibilité.
Je me suis sentie écoutée, entendue et comprise ! Merci Loïc ! Et merci aussi pour votre implication, vos explications, votre expertise ! Ravie d’être suivie par vous !
Adorable et très professionnel. Il a su ressentir avec justesse les problématiques que je traverse.
Découvrir la téléconsultation →
Questions fréquentes
Questions fréquentes
La naturopathie peut-elle faire disparaître les bouffées de chaleur ?
Je ne le promets pas, et je me méfie de ceux qui le promettent. Ce que l’accompagnement vise, c’est d’améliorer le terrain global — sommeil, stabilité de la glycémie, niveau de stress — sur lequel ces manifestations reposent en partie. Beaucoup de femmes constatent un mieux-être ; personne ne peut vous garantir un résultat.
Est-ce compatible avec un traitement hormonal substitutif ?
Oui, il s’agit d’un accompagnement complémentaire. La décision de prendre ou non un traitement vous appartient, en lien avec votre médecin ou votre gynécologue. Mon rôle n’est ni de vous y encourager ni de vous en dissuader, mais de travailler l’hygiène de vie quel que soit votre choix.
À partir de quand faut-il s’en occuper ?
Le plus tôt possible, idéalement dès la périménopause — quand les cycles commencent à devenir irréguliers. Installer de bonnes bases de sommeil et d’alimentation avant que les manifestations ne s’intensifient rend la suite nettement plus confortable qu’une intervention tardive.
Combien de temps dure un accompagnement ?
Cela dépend entièrement de votre situation. En général, un premier rendez-vous permet de poser les priorités, puis un ou deux points de suivi espacés de quelques semaines permettent d’ajuster. Je ne vends pas de forfait long à l’avance.
Faut-il des compléments alimentaires ?
Pas systématiquement, et ce n’est jamais par là que je commence. Les fondations — sommeil, assiette, mouvement, lien — donnent des résultats plus durables. Quand un complément a du sens, il vient en soutien d’une base déjà en place, pas à sa place.
Vous avez écrit un livre sur la ménopause ?
Oui, « En finir naturellement avec les effets de la ménopause » (J’ai lu, 2024). J’y développe beaucoup plus largement ce que cet article ne fait qu’esquisser, avec des protocoles détaillés et des repères pratiques pour chaque grande manifestation.
Pour aller plus loin
En finir naturellement avec les effets de la ménopause
Éditions Jouvence
J’y consacre un ouvrage entier : ce qui change dans le corps, dans quel ordre s’y prendre, et les erreurs les plus fréquentes de cette période.
Conclusion
S’il fallait ne garder qu’une idée : ne commencez pas par les hormones sexuelles. Commencez par votre sommeil, votre niveau de stress et la stabilité de votre assiette. C’est moins spectaculaire qu’une solution miracle, mais c’est ce qui change réellement la façon dont on traverse ces années. Et rappelez-vous que cette transition, aussi déstabilisante soit-elle, a une fin — la plupart des femmes que j’accompagne décrivent, de l’autre côté, une forme de solidité qu’elles ne se connaissaient pas.
Envie d’être accompagnée sur cette période ?
Au cabinet à Aix-les-Bains ou en visio, faisons le point sur votre situation et vos priorités.
Sources : loicternisien.com · Loïc Ternisien, « En finir naturellement avec les effets de la ménopause » (J’ai lu, 2024) · « Reprends le pouvoir sur ta santé ! » (HarperCollins, 2026), chapitres sommeil, alimentation, nature et liens sociaux · travaux du Dr Mindy Pelz sur la hiérarchie hormonale et le cerveau à la ménopause. Accompagnement du bien-être : ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni un suivi gynécologique régulier.
✚ Mention médicale
Les approches complémentaires ne remplacent pas un suivi médical. Consultez votre médecin avant toute modification de traitement.



